État des lieux, défaillances institutionnelles et perspectives
Depuis l’indépendance, l’Algérie a multiplié les grands programmes forestiers : le Barrage vert dans les années 1970, le Plan National de Reboisement lancé en 2000, une relance des politiques de restauration engagée depuis 2021. Sur le papier, l’ambition est réelle. Dans les faits, notre dernier dossier d’investigation montre un écart préoccupant entre les surfaces annoncées et l’état écologique réel des massifs.
Ce rapport dresse un constat sans détour : sur plus d’un million d’hectares visés par le seul Plan National de Reboisement, environ la moitié a réellement été plantée et parmi ces plantations, le taux de survie reste très inégal selon les régions. Le Barrage vert, malgré des décennies d’efforts, a longtemps privilégié la quantité d’hectares plantés au détriment du suivi, de l’entretien, et de la diversité des essences un choix technique qui a fragilisé les peuplements face aux incendies et aux maladies.
Les incendies, justement, occupent une place centrale dans cette analyse. De 2020 à 2024, des dizaines de milliers d’hectares sont partis en fumée chaque année, avec un bilan humain lourd plus de 100 morts en 2021 seul. Notre dossier documente comment la réponse des autorités s’est longtemps concentrée sur la piste criminelle, au détriment d’une vraie politique de prévention : entretien des massifs, surveillance précoce, coupures de combustible. Les incendies de juillet 2026, touchant plus de trente wilayas simultanément, montrent que ce déficit structurel persiste malgré les moyens aériens renforcés depuis 2021.
Le cas du parc national d’El Kala illustre à lui seul cette contradiction : classé zone humide d’importance internationale, traversé pourtant par l’autoroute Est-Ouest, qui a détruit une partie irréversible de ses écosystèmes les plus précieux.
Ce rapport ne se contente pas de critiquer : il identifie cinq défaillances structurelles et pointe une voie de sortie possible associer véritablement les populations locales et la société civile à la gouvernance forestière, plutôt que de les traiter comme de simples usagers à contrôler.
Lire le rapport complet : « Politiques gouvernementales de gestion des forêts en Algérie — État des lieux, défaillances institutionnelles et perspectives » (Juillet 2026)